Marco Arzilli : « Les inventions ne doivent pas être conservées dans les tiroirs »

Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Artisanat, Commerce, en charge de la recherche de la République de Saint-Marin, Marco Arzilli a indiqué le 2 novembre, dans une interview accordée aux Dépêches de Brazzaville après sa visite à la cité scientifique, que la recherche et l’innovation technologique ne doivent pas finir dans les tiroirs mais plutôt elles doivent trouver leur application dans le monde du travail

Les Dépêches de Brazzaville : Que peut-on retenir de votre visite à la cité scientifique de Brazzaville ? Marco Arzilli : D’abord je me félicite du niveau de la formation de vos chercheurs qui n’ont rien à envier à ceux des autres pays. Saint-Marin souhaite être dans ce domaine la porte du Congo vers l’Europe et vice versa le Congo sera la porte de notre République vers l’Afrique. Le Congo bénéficie déjà de quelques technologies de pointe de Saint-Marin, à titre d’exemple la CORAF de Pointe Noire utilise des produits écologiques et biologiques, fruit de notre recherche, pour bonifier les boues de fonds de capacités. Nous pouvons affirmer que la raffinerie est aujourd’hui un modèle en Afrique, en ce qui concerne le respect de l’environnement. Je profite de cette occasion pour ‘remercier la direction générale de la CORAF pour la confiance qui nous a été faite et pour la qualité de la collaboration et support qui nous est fournie chaque jour par son personnel technique.

D.B : Quelle est la stratégie de votre pays dans le domaine de l’innovation et la recherche ?
M.A : la réponse de Saint-Marin a été la création du Parc scientifique et technologique. Il s’agit d’une plateforme d’incubation de start up où les futurs entrepreneurs peuvent développer leurs idées innovantes. A titre d’exemple : si un chercheur ou bien un entrepreneur congolais veut développer une idée innovante du point de vue technologique, Saint Marin lui permet de la concrétiser avec une série d’avantages fiscaux et de gestion avec une ouverture sur l’ensemble du marché européen. Pour votre info voici l’adresse de notre parc scientifique : www. smtechnosciencepark.sm

D.B : Votre innovation ne commence-t-elle qu’avec le Congo ?
M.A : il y a de cela deux ans que Saint-Marin travaille dans ce domaine avec d’autres pays dont la Chine, le Kazakhstan, les pays du Golfe, et l’Afrique du Sud. Avec le Congo c’est le commencement d’un parcours très important que nous espérons plein de succès. Le Congo est plus grand que mon pays mais du point de vue de l’innovation technologique et de la recherche scientifique nous sommes complémentaires.

D.B : le centre de recherche de Brazzaville connaît un problème de liaison entre les laboratoires et l’industrie. Que peut-il attendre de Saint-Marin ?
M.A : ce problème n’est pas spécifique au Congo. Tous les grands centres de recherche sont confrontés à cet obstacle de liaison entre le laboratoire et l’industrie. Notre parc scientifique opère justement dans ce sens, à savoir être un trait d’union entre le monde de la recherche et le monde du travail. Nous allons travailler ensemble dans cette direction et je crois fortement que les avantages seront multiples pour les deux pays. Pour conclure, je tiens à vous souligner quelques caractéristiques de notre ancienne République. Elle est la plus vielle République du monde fondée en l’an 301 donc nous avons une histoire de démocratie de 1716 ans. Pendant toute cette longue période Saint-Marin a sauvegardé son indépendance. Je crois que personne plus que le président des USA, Abraham Lincoln, ait mieux cerné notre pays en l’année 1862, en affirmant que « malgré votre territoire très petit, votre État est cependant l’un des plus honorés de toute l’histoire ». Le président Lincoln était citoyen honoraire de la République Saint-Marin.

Propos recueillis par Lydie Gisèle 0ko
In Les Dépêches de Brazzaville du 4 nov 2016

Le Congo et la République de Saint-Marin signent un protocole d’accord

Le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Hellot Matson Mampouya, a signé le 3 novembre un protocole d’accord de coopération dans le domaine des sciences, de la technologie et de l’innovation avec le secrétaire d’État à l’industrie, l’artisanat et le commerce, chargé de la recherche de la République de Saint-Marin

Ce protocole d’accord a une durée de cinq ans renouvelables et peut être annulé au cas où les deux pays ne respectent pas les clauses du contrat. 

Il a pour objectif de définir un cadre de coopération entre les deux pays en vue de promouvoir et de développer une coopération technique et scientifique afin de contribuer à une meilleure connaissance de leurs avancées dans plusieurs axes, notamment : l’agroalimentaire, les semences améliorées ; les techniques de production agricoles ; la bio-remédiation des sols pollués par les hydrocarbures ; la climatologie ; la santé ; la formation et l’innovation technologique.  

Autres objectifs : faciliter l’échange d’expériences de façon à encourager et à intensifier la collaboration entre les instituts et centres de recherche des deux pays et, en particulier avec le Parc scientifique de la République de Saint-Marin.   

Après la signature d’accord, le ministre Hellot Matson Mampouya a déclaré que cet accord permet de collaborer au plan technique et scientifique dans un premier temps puis d’explorer le gisement de tous les points qui ont été déclinés dans l’accord. « Nous nous sommes engagés parce que nous avons la volonté et la détermination d’entretenir une coopération dynamique pour le développement de l’industrie, de l’économie en vue de contribuer à la diversification de nos secteurs respectifs ».   

Marco Arzilli a, pour sa part, indiqué que cet accord va aider les deux pays dans la conversion et la bonification des terrains pollués. « La République de Saint-Marin pourra être pour le Congo une opportunité de coopération grâce à la technologie dans le domaine de l’agriculture et la production des solutions, qui ne sont pas chimiques mais plutôt naturelles ».

Lydie Gisèle 0ko
In Les Dépêches de Brazzaville du 5 nov 2016